Peinture, Verre & Encre de sécurité

  • Recherche et comparaison des peintures
  • Analyse des encres de sécurité
  • Analyse comparative du verre

Recherche et comparaison des Peintures
De nombreux objets de la vie quotidienne (voitures, barrières, murs intérieurs, portes, balustrades, outils, etc.) sont recouverts d’une ou de plusieurs couches de peinture. Lors d’un contact, cette peinture peut être transférée entre deux objets ou entre un objet et une personne. Les traces de peinture retrouvées sur les lieux d’une infraction peuvent être analysées et comparées à la peinture provenant d’un objet trouvé, par exemple, chez un suspect. Cette analyse permet de mettre en évidence un lien entre un objet et une personne ou un lieu. La peinture est particulièrement utile à l’enquête dans des faits tels que des délits de fuite ou accident de roulage, des cambriolages et des faits de vandalisme.

Applications
Délit de fuite/accident de la route
Un accident de la route sur deux est suivi d’un délit de fuite en Belgique. Une majorité des cas ne concernent que des dégâts matériels. Cependant, pour environ 10 % des délits de fuite, une personne au moins est blessée plus ou moins fortement voire, dans certains cas, décédée. Des traces de peinture du véhicule en fuite peuvent se retrouver sur les lieux de l’accident, sur le véhicule accidenté ou sur les vêtements de la victime. Rechercher ces traces de peinture peut aider à orienter l’enquête en donnant l’information de la couleur du véhicule en fuite, information pouvant avoir toute son importance dans le cas de couleurs rares telles les peintures voitures jaune, violette, verte… Dans le cas où des pièces du véhicule en fuite sont présentes sur les lieux de l’accident, il est possible d’y trouver une date de fabrication ou un numéro de référence qui serait lié à une marque, voire un modèle de voiture. Dans ce dernier cas, nous pouvons interroger une base de données externe.
Si l’enquête tactique apporte un véhicule suspect, nous pouvons procéder à la comparaison morphologique et chimique de chaque couche de peinture du véhicule suspect avec la peinture trace retrouvée sur les vêtements de la victime ou le véhicule accidenté. Cette expertise permet de déterminer si ce véhicule suspect peut être, ou non, à l’origine des traces de peinture découvertes.

Cambriolage
Lorsqu’un vol par effraction est commis, il n’est pas rare de retrouver des traces de peinture sur la vitre brisée ou sur le chambranle de la porte endommagée. Ces peintures proviennent de l’outil que le voleur a utilisé pour faciliter son intrusion (burin, marteau, pied-de-biche…). Si un suspect possède, chez lui ou dans sa voiture, de tel outils, nous pouvons procéder à la comparaison chimique de la peinture trace à la peinture de ces différents outils. Nous examinons également les outils du suspect à la recherche de traces de peinture provenant de la porte endommagée ou du coffre-fort forcé, par exemple. Les analyses sont comparatives et permettent de déterminer si l’objet de référence peut/ou ne peut pas être à l’origine de la trace de peinture.

Vandalisme
La dégradation des biens publics via des graffitis est un phénomène courant, ceux-ci pouvant conférer des insultes racistes ou des menaces de morts à l’encontre d’autrui. Comme pour le cas des cambriolages, la peinture retrouvée sur les murs souillés, par exemple, peut être comparée à la peinture retrouvée chez un suspect (un aérosol, un pot de peinture) ou sur le suspect : des traces sur les ongles, les vêtements, les gants, etc.


Analyse comparative du verre
Lorsqu’une personne casse une vitre ou se trouve à proximité d’une vitre lorsque celle-ci explose, des fragments de verre sont projetés sur cette personne et des petits fragments s’incrustent dans ses vêtements. Or, il arrive souvent dans le cadre de délits, de constater des bris de glace, notamment en cas de vol, de vandalisme, d’incendie criminel ou d’accident avec délit de fuite. On retrouve alors sur le lieu du délit de nombreux fragments de verre qui peuvent en dire long sur ce qui s’est réellement passé, notamment si l’on parvient à établir le lien avec les fragments de verre retrouvés sur les vêtements ou les affaires appartenant à un suspect. Cependant, huit heures après les faits, on estime que près de 90% des fragments de verre, initialement incrustés dans les vêtements d’un suspect, disparaissent. C'est pourquoi nous investiguons également les autres emplacements, comme le siège du véhicule utilisé pour le délit. Inversement, si l’enquête amène un suspect, il est possible de retrouver des fragments de verre sur l'objet utilisé par le suspect pour briser la vitre.

Chaque type de verre est caractérisé par un indice de réfraction qui dépend de sa composition. Après avoir vérifié que les éléments récoltés sont effectivement des fragments de verre, nous comparons l’indice de réfraction de ceux-ci à celui des verres de référence c’est-à-dire des fragments de verre provenant de la (ou des) vitre brisées, que ce soient la vitre de la porte d’entrée de la maison, la vitre d’une voiture, la vitre d’un abris de bus, la vitrine d’un magasin,… Cette analyse permet de déterminer si les fragments retrouvés sur le suspect ou dans son véhicule étaient là par hasard ou non et donc d’aider à établir un lien entre un suspect et un délit.


Analyse des encres de sécurité
Les attaques contre les transports de fonds, si fréquentes dans les années 90, ont aujourd’hui disparu de l’actualité grâce à l’introduction et à l’obligation d’utiliser des valises dites intelligentes ou ‘explosives’ lors du transport de billets. Si un malfaiteur tente d’ouvrir indûment une valise intelligente, le dispositif de neutralisation macule automatiquement tous les billets de banque contenus dans la valise par une encre de sécurité permanente, indélébile et colorée. Il se peut que les outils ou les habits du malfaiteur soient également maculés ou encore le sol sur lequel repose la valise. De nos jours, ce dispositif est aussi utilisé pour protéger les réserves d’argent dans les magasins et les distributeurs de billets.

Or, chaque encre de sécurité à sa propre signature et contient, selon les cas, des traceurs spécifiques. Nous analysons donc des billets suspects ou autre objets souillés en vue de déterminer si l’encre présente est de l’encre de sécurité. Dans l’affirmatif, grâce à des analyses plus poussées et à des collaborations précieuses diverses (transporteurs de fonds, fabricants d’encres, laboratoires forensiques étrangers, Banque National Belge), il est possible de déterminer à quelle fin la valise contenant le billet était utilisée et remonter à l’attaque au cours de laquelle la valise a été volée.

Ainsi, l’analyse des encres de sécurité permet, dans le cadre d’une enquête judiciaire, d’établir un lien entre des billets souillés, un suspect et un délit.


Techniques

  • Stéréomicroscopie
  • microscopie
  • spectroscopie infrarouge à transformée de Fourier
  • Microscopie Raman
  • Microscopie électronique à balayage couplé à une microanalyse X
  • Pyrolyse couplée à chromatographie en phase gazeuse et détection par spectrométrie de masse
  • Chromatographie couche mince
  • Système intégré de mesure des indices de réfraction (GRIM3)
     

En savoir plus :
-  Project results iMinds
- INCC magazine n°7 : Les encres de sécurité, une trace indélébile
- INCC magazine n°4 : d'heureux fragments : le laboratoire verre
- INCC magazine n°6 : Nos experts en peinture et résidus de tir invités à la conférence Interpol